SIBC Afrique du Nord : le Lab'ess accompagne 23 entrepreneurs à impact | Bleu Azur, RTCI

SIBC Afrique du Nord : comment le Lab'ess accompagne 23 entrepreneurs à impact dans 5 pays

J'ai reçu Haïfa Ben Saoud, directrice du Lab'ess, dans Bleu Azur sur RTCI, pour revenir sur le SIBC Afrique du Nord, un programme d'accélération pour entrepreneurs à impact social et environnemental. Vingt-trois entrepreneurs de cinq pays y participent, Algérie, Égypte, Libye, Maroc et Tunisie. Le bootcamp de Tunis vient de s'achever, après celui de Marseille plus tôt dans l'année.

Un programme régional inédit, piloté depuis Tunis

Le Social and Inclusive Business Camp existe depuis dix ans. Il est financé par le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères, et piloté par Campus Groupe AFD. Cette année, pour la première fois, le programme se régionalise. Trois hubs voient le jour, Afrique de l'Est, Caraïbes et Afrique du Nord, ce dernier confié au Lab'ess.

Le consortium associe le Lab'ess, lead du programme, à I&P Conseil et Pulse pour l'appui pédagogique, et à quatre incubateurs locaux, HDN Algeria en Algérie, Impact Lab au Maroc, IceAlex en Égypte et Tafaseel en Libye.

Pourquoi le Lab'ess

La question s'est posée directement pendant l'entretien : comment le Lab'ess a-t-il obtenu la confiance de Campus Groupe AFD face à la concurrence régionale. Haïfa Ben Saoud répond par l'antériorité de la structure.

« Le Lab'ess est, depuis 2012, le premier incubateur et accélérateur d'entrepreneurs à impact en Tunisie. Notre expérience et notre capacité à piloter des actions en partenariat sur toute l'Afrique du Nord et la Méditerranée ont fait la différence. »

La sélection de la cohorte a suivi un appel à candidatures public, avec des jurys d'experts constitués dans chaque pays, jusqu'à vingt-cinq membres pour certains panels. Vingt-cinq entrepreneurs ont été retenus au départ, vingt-trois aujourd'hui, deux ayant dû se retirer pour des raisons personnelles.

Une pédagogie hybride en quatre blocs

Le parcours combine des moments en ligne, un MOOC et des sessions thématiques interactives, du coaching individuel avec les structures locales, et deux temps forts en présentiel. Il s'articule autour de quatre blocs, Comprendre, Inspirer, Coopérer et Financer, qui accompagnent l'entrepreneur depuis la clarification de sa vision jusqu'à la préparation à l'investissement.

Réinventer le modèle économique

Parmi les priorités du programme, une ressort particulièrement dans l'entretien, l'hybridation du modèle économique. Dans un contexte régional où les revenus classiques d'un entrepreneur social suffisent rarement, il s'agit de diversifier les sources de revenus sans dénaturer l'entreprise.

« Travailler sur l'hybridation du modèle économique, c'est diversifier ses sources de revenus, tout en gardant l'identité de l'entreprise. »

L'exemple donné en entretien concerne une coopérative de transformation de plantes aromatiques et médicinales. Elle vend ses huiles essentielles et ses hydrolats, mais propose aussi l'expérience de leur fabrication à des visiteurs, une randonnée botanique suivie d'une initiation à la distillation. Le produit reste la première source de revenus, l'expérience en devient une seconde.

Deux bootcamps, une seule vision

Le premier bootcamp s'est tenu à Marseille, dans le cadre de la Saison Méditerranéenne de l'Institut français, sur le bloc Coopérer. Les entrepreneurs y ont travaillé la mesure d'impact et le récit de leur projet, tout en s'ouvrant à un réseau méditerranéen plus large.

Le second bootcamp, à Tunis, a duré quatre jours, atelier sur le modèle économique, immersion dans la médina guidée par une ancienne participante du programme, journées consacrées à la stratégie de financement, speed meetings avec des investisseurs, et un pitching lab où chaque entrepreneur a enregistré son pitch en une minute trente. Ce second bootcamp n'a pas été improvisé.

« Le Bootcamp de Tunis, nous l'avons conçu ensemble lors d'une session de travail à Marseille. »

Le Maghreb qui collabore, déjà

Le résultat le plus concret de cette première cohorte tient en une phrase. Une entrepreneure marocaine a déjà noué un partenariat avec un homologue tunisien rencontré à Tunis, un partenariat qui a suscité l'intérêt d'un investisseur tunisien. Haïfa Ben Saoud évoque aussi un autre binôme.

« Il y a deux entrepreneurs qui sont en train de négocier sérieusement un partenariat qui va lier leurs deux entreprises. »

Un réseau qui dépasse le programme

Le SIBC revendique plus de 400 entrepreneurs à impact accompagnés depuis 2017. La cohorte Afrique du Nord se clôture officiellement fin de l'été 2026, mais le réseau, lui, continue. Les entrepreneurs ont eux-mêmes proposé de prendre en main l'animation de leur communauté.

« Ils nous ont proposé de prendre eux-mêmes le lead de la modération du groupe WhatsApp, jusqu'à la construction d'un forum annuel ou biannuel. »

Ces entrepreneurs rejoignent désormais la communauté des anciens du Lab'ess, et celle des structures partenaires dans les quatre autres pays.

Écouter l'entretien complet

Haïfa Ben Saoud, directrice du Lab'ess, était l'invitée de Bleu Azur sur RTCI. L'entretien intégral, en deux parties, est disponible ci-dessus, ainsi que sur la chaîne YouTube de RTCI et sur la page Facebook de RTCI.

Karim Benamor. Bleu Azur, RTCI.

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