dimanche 21 janvier 2007

Le derby coté tribune de presse

13h00 je sors de la maison et je prends la direction de RTCI. Ma mission ? passer prendre mon badge, indispensable sésame destiné à m’ouvrir les portes du stade de Rades afin de pouvoir commenter le derby de la capitale.

A propos de derby, il y a bien longtemps que je n’en ai pas assisté à un en direct des gradins. Sûrement de l’époque où étudiant, je gagnais mon argent de poche en corrigeant des bulletins de Promosport ce qui me permettait d’entrer dans le stade d’El Menzah en montrant la carte de correcteur. Non pas que cette carte permettait d’entrer gratos au stade, mais bon, j’arrivais toujours à duper un des portiers.

Autre image de derby, lors des années 80, un gardien de la paix juché sur son équidé qui nous balance : « vos parents vous ont certainement maudits pour que vous soyez venus aujourd’hui ! ». Faut dire aussi que certains spectateurs n’étaient pas des enfants de chœur, d’autres profitaient de la moindre occasion pour essayer de grimper sur les grilles, au risque de se mutiler.

Une fois le badge pris, direction Rades, et c’est la circulation des grands jours. Les supporters des deux camps se narguent mais ça reste bon enfant. Un clubiste quadragénaire clubiste nargue un tout jeune pubère espérantiste en lui lançant : « demande à ton père de te raconter l’histoire du 5-1 ». Je souris car depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont.

Le match n’a pas encore commencé mais sur le bas coté, la fête est terminée pour beaucoup de supporters dont les chevaux vapeurs ont rendu l’âme. D’autres un peu trop excités n’ont pas trouvé mieux que de caramboler mais bon, sans autre gravité que de la tôle froissée et un derby gaché.

Quarante minutes plus tard me voici arrivé à Rades. Après avoir exhibé mon badge de journaliste je conduis ma voiture au parking presse. Je suis frappé de nostalgie en passant devant la salle de hand, théâtre des exploits du sept national il y a deux ans déjà.

Arrivé devant la porte de la tribune presse, on me demande mon nom : « Karim Benamor RTCI », OK, bienvenue me dit on. J’avance et un garde me dit : où tu vas, « presse » lui dis je, il me répond « et alors, presse ou pas tu vas donner ton nom ! ». Je le dévisage tout en continuant de marcher et je lui dis « c’est déjà fait ». Trois vérifications de badge plus tard, je rejoins Mehdi Kattou et Mourad Ayari avec qui je vais commenter le match.

Le match commencé, un membre du comité d’organisation vient s’asseoir à coté de moi. C’est un clubiste, il est nerveux, surexcité. Il se met à crier à la moindre occasion et on est obligé de le remettre à l’ordre. Il nous donne le coup de grâce une minute avant la fin de la mi-temps en donnant un coup de tête, involontaire au demeurant, à la console de transmission qui ne s’en remet pas. Elle n’arrête pas de clignoter, cet imbécile nous a mis HS. Les techniciens nous changent de place, pour aller dans un endroit plus calme.

Rien à signaler au cours de la seconde période à part les bouteilles d’eau pleines qui se sont mis à pleuvoir dés que Moussa a marqué son but. Il faudrait devenir intransigeant avec les bouteilles d’eau que de nombreux pseudos supporters utilisent comme projectiles lorsque leur équipe perd. C’était déjà le cas lors de la défaite du CSS face à Al Ahly, j’attends personnellement avec impatience que la fin du match soit sifflée pour me mettre à l’abri.

Aller je l’avoue, je suis clubiste mais je n’ai pas le temps de profiter de la joie de la première victoire en dix ans, ni même de narguer un ami espérantiste à la mine déconfite, car je me dépêche d’aller à la salle de presse pour les conférences d’après match. Là je peste contre moi-même car la batterie de mon MD est vide ! Heureusement que j’ai ramené l’alimentation secteur mais il n’y a pas de prise à coté du haut parleur ! Tant pis, je chopperai Bertrand Marchand tout seul. Je repère une prise dans un endroit stratégique et j’attends.

Marchand a terminé, Dugueperoux réponds aux questions des journalistes tout en se faisant huer par un pseudo supporter espérantiste qui lui lance des mots désagréables du premier étage, soit dit en passant sans oser se montrer. Vraiment navrant pour ne pas dire minable !

Apres une interview avec la TV, je choppe Marchand avec Mourad Ayari et on a droit carrément à une conférence de presse que vous pouvez écouter en cliquant sur le lien. Entre temps Dugueperoux abrège et se rends dans les vestiaires. C’est d’ailleurs là où je me rends une fois l’interview de Bertrand Marchand terminée. Il est content le Bertrand, il y a de quoi, il va enfin pouvoir travailler tranquilement.

Dans les vestiaires clubistes l’ambiance est folle, normal le signe indien est brisé. Premier objectif, trouver une prise, pas facile ! J’en trouve une dans les… toilettes. C’est là où j’entraîne Kamel Idir, président du Club Africain. Heureusement que je le connais bien pour l’avoir interviewé alors qu’il était président du comité d’organisation des championnats du Monde de Hand Ball en 2005.

Kamel Idir terminé, je vois sortir Ali Boumnijel. Il est sympa de me suivre, ça doit être la première fois où il est interviewé dans des WC ! lol Toujours aussi modeste Am Ali lorsque je lui dis "heureusement que le vieil Ali était là".

C’est bon pour les clubistes, j’ai ce qu’il me faut. Il me faudrait maintenant des espérantistes histoire d’équilibrer. Je retourne en zone mixte et, manque de chance, ils sont tous partis !

18h00, j’ai terminé, plus qu’à rejoindre ma voiture et tenter de retrouver mes amis à Ben Arous pour suivre le match de Hand. Je suis obligé de faire un tout un détour en passant par Ezzahra, Rades… mais où je suis la ! Je suis à coté de la Centrale de la STEG et du bac pour aller à La Goulette! Je me suis perdu ! Je me renseigne auprès d’agents de police qui me donnent la bonne direction où je m’enlise dans un embouteillage monstre. Autour de moi on s’excite, on s’énerve, je reste Zen en écoutant Tarak Mrad délirer à l’antenne de RTCI.

J’ai tout mon temps vu que je n’aurai besoin des déclarations que le lendemain pour Tir au But, mais je ne voudrai pas rater les débuts de Heykel Megannem, Sahbi Ben Aziza and co ! Mon périple s’achève vers 19h30, quatre vingt dix minutes en voiture pour un trajet qui en temps normal n’aurait pris que quinze. Pas grâaaaave, cool la vie, el club rab7it ;o)

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